CEREMONIE DU 8 MAI 1945
DISCOURS DU MAIRE 2009
Le temps n'efface rien. Au plus, apaise-t-il les douleurs.
Au mieux, ouvre t-il la porte au souvenir, à la mémoire, à l'histoire.
Telles sont les raisons profondes qui nous réunissent aujourd'hui, tels sont, joints à l'Hommage National dû à ces hommes et ces femmes qui contribuèrent à la renaissance de notre pays, les impératifs qui guident notre démarche.
Tels sont les devoirs qui sont les nôtres ces années après les faits, d'être les gardiens vigilants et scrupuleux de cette mémoire, alors que jour après jours les témoins disparaissent, et que se manifestent, malgré notre souci de vigilance, des révisions de ce qui fût, au profit du mensonge.
Le 8 mai 1945, grâce à l'union des Forces Françaises Libres, des combattants de la résistance, grâce aux soldats des armées alliées et de l'armée d'Afrique, l'Europe se libérait du joug de l'occupant nazi et de ses forces supplétives, les collabos de toutes sortes
Une victoire totale mais ô combien dévoreuse de vies humaines civiles et militaires. Quatre années où l'espérance de la résurrection de la Patrie, portée jusqu'au sacrifice dans l'honneur et l'abandon de soi par des femmes et des hommes de toutes conditions, de toutes convictions avaient dans cette mémoire occulté le quotidien d'autres femmes, d'autres hommes.
Le discours du Vélodrôme d'hiver, l'hommage rendu aux justes de France, éclaircissent cette mémoire, notre mémoire ; éclairent ces années d'une lumière de vérité, plaçant les responsabilités des uns au c½ur de la lâcheté des autres surtout présente au plus haut niveau de l'Etat.
Plus de 60 ans après la fin de ce conflit, désormais, plus aucun doute n'est permis ; au risque de négationnisme, nous opposons qu'il n'existe et n'a jamais existé deux France, alors qu'une partie faillissait dans le déshonneur et la collaboration, l'autre tentait de relever les valeurs qui soudent notre République, de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.
Que l'on juge par ces quelques chiffres effroyables : 55 millions de victimes, 35 millions de blessés, 3 millions de disparus, 1, 5 millions de personnes tuées lors des bombardements aériens, 30 millions de civils tués parmi lesquels 6 millions de juifs ; traqués, chassés, assassinés par les nazis pour la seule raison d'être nés juifs mais aussi les millions d'handicapés, d'homosexuels, d'anti-fascistes au premier rang desquels les communistes que De Gaulle dénomma « Le Parti des fusillés ».
Cette France combattante, à Londres, dans les maquis, dans les Forces Françaises Libres qui de l'Afrique à Strasbourg participèrent à toutes les batailles pour que la France fasse partie des nations victorieuses en 1945.
Avec vous, je veux rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui, quelles que soient leur condition sociale, leurs croyances se sont dressés contre l'occupant nazi, contre le régime de Vichy et sa milice.
Guy MOQUET, dans les derniers mots écrits à sa mère disait « vous qui restez, soyez dignes de nous » et ce n'est pas l'utilisation abusive voire frauduleuse de son nom par Sarkozy qui nous fera oublier qu'il était des nôtres.
C'est avec à l'esprit ces paroles que la Résistance continua son combat et réussit malgré les larmes, malgré le sang, malgré la haine et la trahison à vaincre et faire triompher les valeurs de la République et de la démocratie sur la barbarie, la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme, hélas toujours prêts à ressurgir.
La signature de Mai 1945, ouvrait pour la France de nombreux et difficiles chantiers. L'histoire est là pour nous montrer qu'elle su y faire face avec grandeur et générosité.
Aux jeunes générations d'y rester fidèles. Qu'elles gardent toujours à l'esprit que l'humiliation et l'intolérance, qu'elles soient idéologiques ou religieuses, conduisent toujours dans l'impasse de la violence et, souvent hélas, de la guerre.
Vive la Paix !
Vive la République !
Vive la France !
Vive Fourmies !